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ATELIER SCHMID – ARTISAN DE CHRONOMÉTRIE – RÉVISIONS, RESTAURATIONS ET VENTE D’HORLOGES ANCIENNES ET ANTIQUES

L’horloge de l’année 2020

Horloge lanterne française de Normandie, fabriquée vers 1760.

L’horloge lanterne française décrite ici est, en son genre, une pièce d’une rare majesté. Une véritable perle d’esthétisme.


La plaque en émail enchâssée dans le moulage en bronze sous les 6 heures du cadran est signée «Fouquet Daçon», plaçant l’origine de l’horloge en Normandie vers le milieu du XVIIIe siècle.

L’horloge appartient à un particulier et fonctionne comme si les 250 dernières années ne s’étaient pas écoulées.


Cette horloge présente une structure de mouvement prismatique, une cage en laiton typique et des colonnes torsadées. Le mouvement à ancre est muni d’un balancier long, ainsi que d’un mécanisme à râteau avec sonnerie en passant des heures et des demies sur une cloche.


«En passant» signifie que le déclenchement de la sonnerie est entraîné par une étoile à douze branches, souvent liée à la roue des heures de l’horloge, comme c’est le cas ici.


Ce système était très répandu en Angleterre sous la forme d’une sonnerie des heures à coup unique.


Encadré par des moulages de bronze décoratifs, le cadran massif en émail à chiffres romains et arabes est d’une beauté exceptionnelle. Il démontre sans aucun doute la qualité des grands maîtres français de l’époque.


Réserve de marche: 30 heures

Hauteur du mouvement: 39 cm; hauteur totale: 109 cm

Histoire de la mesure du temps

Aux origines de la mesure du temps

L’histoire de la mesure du temps décrit un grand pas de l’homme dans une nouvelle dimension. Cette évolution est indubitablement liée à l’invention de l’affichage de l’heure permettant de lire celle-ci. Les mouvements horlogers pour la mesure mécanique du temps et les horloges n’ont cependant pu être utilisés au quotidien que bien plus tard. L’horlogerie s’est développée par étape pendant des siècles à partir du métier de la forge.


Mesurer le temps sans horloge


Du fait de la rotation terrestre, le lever et le coucher du soleil sont visibles depuis la Terre. Jour après jour. Ce rythme imposé par la nature détermine le développement et les actions quotidiennes de millions d’organismes et d’êtres vivants sur cette planète.


Pourquoi l’Homme a-t-il donc voulu mesurer le temps? Etait-ce une nécessité ou plutôt une passion de se repérer précisément dans le temps, de jour comme de nuit?


Il y a environ 12 000 ans se terminait la dernière grande période glaciaire (quaternaire), ou glaciation de Würm. Grâce aux nouvelles conditions climatiques, la nature put s’épanouir. Les champs de glace laissèrent place aux prairies et les forêts purent s’étendre.
Alors que sur le continent européen, les hommes vivaient encore dans des grottes, à Sumer, entre le Tigre et l’Euphrate, les premiers artistes signaient déjà leurs œuvres littéraires.


Le grand changement climatique du néolithique plaça l’espèce humaine dans un nouvel environnement. Les variations climatiques répétées dues aux saisons poussèrent les hommes à opérer un profond changement. C’est dans ce nouveau contexte qu’apparut le temps. Et que l’Homme commença à le mesurer.


Dans une société alors essentiellement agricole, les fermiers devaient déterminer le temps des semailles et le temps de la moisson. Le soleil définit la courte période entre l’aube et le crépuscule. La lune et ses phases alternées de 29 et 30 jours divisent le temps en mois. La révolution de la Terre nous fait profiter des quatre saisons. Grâce à la perception et à l’observation intensive de ces lois de la nature et de leur régularité, les premiers calendriers virent le jour. Le plus vieux fut découvert il y a environ 100 ans dans la région de Sumer.


Rétrospectivement, on peut considérer le calendrier comme le premier instrument de mesure du temps. Ces premiers calendriers utilisés par les Sumériens il y a 6 000 ans divisaient les mois en trente jours et l’année en douze mois. Cependant, le mois lunaire connaît une variation pouvant aller jusqu’à 14 heures. Il était donc impossible d’obtenir un calendrier exact qui corresponde aux saisons au fil des années. Douze révolutions lunaires ne font pas une année entière, il manque 10,875 jours.


Le mois lunaire moyen (mois synodique), valeur moyenne calculée sur plusieurs décennies, compte actuellement: 29,530589 jours (29 jours, 12 heures 44 minutes, 2,9 secondes).


La réforme du calendrier julien par le pape Grégoire XIII en 1582 a fixé les règles encore valables aujourd’hui:


l’année du calendrier grégorien compte douze mois de 30 et 31 jours, excepté le mois de février qui en compte seulement 28. Cela donne 365 jours. Toutes les années divisibles par quatre, on ajoute un jour au mois de février, de telle sorte qu’une année bissextile compte 366 jours. Pour s’adapter aux variations saisonnières, le mois d’août a 31 jours, et non 30; ce jour supplémentaire est pris au mois de février. Seules les années divisibles par quatre sont bissextiles, les autres comptent 365 jours.


Ce calendrier, provenant pour ainsi dire de l’Antiquité, est toujours valable en ce début de XXIe siècle, comme mentionné plus haut!


SOURCE: LA MESURE DU TEMPS (G.BAILLOD/F.RAUSSER) 1979